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Quand les souvenirs prennent le dessus ~ pv Lux

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Travis Falco
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MessageSujet: Quand les souvenirs prennent le dessus ~ pv Lux Jeu 27 Sep - 18:37

Ma putain de psy habite ce vieux quartier de merde qu’est Gaslamp. C’est censé être festif et agréable de le parcourir. Mais pour moi, qui ne suit pas dans mon assiette et fatigué mort, c’est plutôt le parcours du combattant. Je dois me battre depuis quelques jours contre mes vieux démons intérieurs. Colleen est le départ de mon mal intérieur. Cette gonzesse, je la connaissais d’avant. Avant ma nouvelle vie, je revois encore son regard suppliant quand j’ai du lui annoncer la mort de mon meilleur pote. Et puis, cette putain de promesse que j’ai pas pu tenir face à elle. J’aurais dû la protéger et j’ai fais de la merde avec toutes les personnes qui m’entouraient à ce moment-là. Enfin depuis que je l’ai croisée, mon esprit est souvent en train de divaguer vers le passé. Bien assez pour que mes nuits soient teintées de visions d’horreur, de morts, d’explosion et de cris de douleur. J’entends très souvent, même en étant réveillé les derniers râles des personnes mourant à côté de moi alors que j’étais dans ces tranchées. Comme si je me perdais quelques fois entre la réalité et les souvenirs. J’ai réussi à vivre avec pendant longtemps, j’avais retrouvé une vie totalement normale. J’ai été sauvée Courtney dans les coups de feu et les cris de panique des donzelles présentes sur les lieux et là, je me perds dans mon enfer pour une meuf. La meuf de mon ancien meilleur pote mort au combat. Foutue culpabilité qui me fait réagir !

Le docteur Flinstones, qui généralement arrive à me faire reprendre le dessus, a peur pour moi et les gens qui m’entourent, mais je l’ai rassurée, balayant toutes les vérités d’un revers de main. Elle m’a laissé partir à contre coeur sans me donner de nouveaux médocs qui me donnaient l’impression, à l’époque, d’être une loque sur pattes. Un truc difforme sans fond ni forme et qui errait l’air hagard dans les rues de la ville. Je ne veux pas refaire marche arrière, par contre, j’ai accepté de la revoir trois fois par semaine plutôt que une fois par mois. Putain que j’ai pu régresser pour un simple visage familier et oublié jusqu’ici !

Je viens de sortir de son bâtiment que déjà la musique jouée par un groupe de rue m’agresse les tympans. C’est fort et ce rythme est régulier, puissant, enflammant. Tellement que je pourrais confondre avec des tirs de fusil d’assaut. Putain, j’ai envie de m’arracher les tympans pour arrête d’entendre ce son qui me fait vriller. Et lorsque quelqu’un me fonce dedans. Pas intentionnellement, juste dû au nombre impressionnant de touristes et d’habitués dans cette rue, j’ai une image qui me percute. Un gars, habillé en vert vient de me bousculer en hurlant dans une langue qui est loin de m’être inconnu. Je vois derrière lui, face à moi, une étendue jaune, orange et rougeâtre qu’est le désert. Mais dès que je cligne des yeux, je suis à nouveau à San Diego, dans cette foule compacte. Je ne supporte plus la musique mais pas seulement, y a cette femme qui glousse à tout bout de champs derrière moi. Elle doit être au téléphone et l’entendre ainsi me donne envie de me retourner et de lui hurler dessus d’arrêter de jouer l’imbécile. Un gars qui me dévisage, je dois avoir changer de teint et mon regard doit être assombri, car associé au blouson à l’effigie d'iron que je porte maintenant fièrement, le gars se recule, pour ne pas me toucher, un peu comme si j’étais un pestiféré et que j’étais prêt à lui refiler une maladie grave. Et chaque personne qui me foncent dedans, sans le faire exprès, me replonge un peu plus dans mes souvenirs. D’un coup, je vois la tête de mon pote, son corps en dessous où il manque un bras et les jambes. Je vois son regard horrifié du fait qu’il a compris sa mort avant même que cela n’arrive. Je ne fais plus attention où je marche, je me fais bousculer et je bouscule également de plus en plus. Chaque coup d’épaule et comme une agression supplémentaire pour mon esprit qui me replonge sans cesse dans d’autres situations toutes pires les unes que les autres. J’entends un déclic, je ne sais plus dans quel monde je suis la vérité ou le monde que je viens de me remémorer, ce cliquetis annonce une bombe qui va bientôt exploser, une détonation ne devrait pas tarder. Alors je me mets à courir vers un endroit où je pourrais rester sain et sauf.

Je suis enfin dans un endroit un peu reculé et peu à peu mon esprit revient à la réalité. Je troque les bruits de mitraillettes par des bruits de musique assourdissante. Je garde cinq minutes les yeux fermés, je compte lentement comme prévu par ma psy. Je tente de revenir totalement à la réalité avant de les réouvrir ! Une fois fait, j’ouvre les yeux. Je suis dans une entrée de magasin. Je bloque une jeune femme qui veut en sortir, mais à chaque clignement de mes yeux, une image vient me hanter. Je la vois, gisant, je me vois terrifié sans savoir quoi faire, comme cette journée où ma vie a brusquement changée. Je n’arrive plus à rester dans le monde réel totalement, j’ai un pied dans l’imaginaire. Je devrais me pousser et la laisser passer mais mon corps ne m’appartient plus vraiment !
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Lux Townsend
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MessageSujet: Re: Quand les souvenirs prennent le dessus ~ pv Lux Ven 5 Oct - 11:38

travis & lux

quand les souvenirs prennent le dessus


Mon dernier tournage avait pris fin, et désormais j'avais droit à quelques jours de repos, ce qui ne me faisait pas de tord. J'avais décidé de sortir en solitaire, saturant de la présence de gens autour de moi, j'avais ces phases où je ne voulais parler à personne et avais besoin de me recentrer sur moi-même. Bien que l'industrie du porno n'avait rien à voir avec le fait de réaliser de vrais films, j'avais néanmoins à chaque fois ce besoin de me retrouver à ma propre identité à la sortie de tournages. Ce n'était pas comme si je faisais un travail fou afin d'entrer dans la peau d'un personnage, mais toujours suffisamment pour me sentir parfois un peu schizophrène au sortir de chacune de ces histoires. Cela ne me faisait pas de mal de me resituer un peu. En général, j'en profitais pour faire une séance shopping rien que pour moi, craquant généralement sur des objets qu'on ne penserait pas que j'aime. Des mugs bizarres, des vêtements grunges, ce genre de plaisirs coupables que je n'utiliserai qu'à la maison. J'avais malgré tout une certaine image à préserver, aussi je m'en foutiste sois-je. D'ailleurs, pour la peine, j'avais retrouvé mon éternel mini short en jeans, mon t-shirt estampillé NIN, mes Doc Martens, et mes cheveux étaient lâchés, rebelles, dans mon dos. Un bon retour aux sources, je n'avais pas cherché à faire la belle aujourd'hui. Et cela faisait un sacré bien.

Malgré que j'aie eu l'impression de sortir tôt, les rues étaient déjà remplies, des artistes de rue, des gens qui avaient visiblement eu tous la même idée que moi en cette belle journée. Si d'habitude cela ne préoccupait pas, là cela avait tendance à me gonfler. Trop de monde, et le fait que je n'étais pas bien grande, cela m'avait vite rendue nerveuse, avec une tendance agora-phobique. Alors j'étais rentrée dans plusieurs magasins, cherchant de quoi me divertir, un truc qui me ferait gagner ma journée en somme, malgré que j'avais surtout l'impression de perdre mon temps, moi qui avait besoin de solitude... Tu parles !

Une ou deux boutiques plus tard, je trouvais enfin une ruelle un peu plus calme et découvrais un magasin dans lequel je n'étais encore jamais rentrée. Il s'y trouvait beaucoup de babioles en tout genre, ces choses qui nous semblent nécessaires sur le coup quand on les voit, avant de finir dans un placard et n'être plus jamais utilisés. 1 an plus tard, on rouvre le placard, retrouve l'objet oublié, s'amuse de son existence cinq minutes avant de se dire « pourquoi j'ai acheté cette connerie, moi », et finir par le backer de nos affaires. J'étais une fervente cliente de ce genre d'objets ridicules. Je devais avoir une quantité astronomiques de mugs débiles que je n'utilisais jamais de peur de les abimer. Je fonctionnais au coup de coeur, c'était plus fort que moi. Et puis, il ne fallait pas oublier que c'était le but de ma journée : me faire plaisir, me changer les idées, me recentrer sur me myself and I. Ça faisait très égocentrique en vrai, mais c'était aussi assez rare. La preuve en était que le seul achat que j'avais finalement fait était pour Neal. Je lui avais pris un t-shirt avec un slogan qui fonctionnait parfaitement avec son côté sédentaire et geek – que j'appréciais réellement chez mon colocataire. Il était mon total opposé.

La caissière emballa donc mon cadeau, tandis que je jouais avec les porteclés ridicules que je pouvais voir à la caisse, avant de craquer pour l'un d'eux, j'avais la fièvre dépensière, j'aurais vraiment acheté n'importe quoi. J'étais fière de m'être plutôt maîtrisée. Maintenant, j'étais prête à rejoindre le magasin du coin de la rue, un magasin de vêtements où je n'aurais sans doute pas autant de self-control. Les fringues, c'était plus fort que moi. Sauf qu'au moment de sortir du premier magasin, je me retrouvais bloquée par un homme qui devait faire environ deux fois ma taille dans l'impression qu'il me donnait par sa carrure. J'avais les yeux baissés sur mon ticket de caisse donc ne remarquais d'abord pas son visage lorsque j'arrivai face à lui. Mon regard remontait le long de ses jambes quand j'aperçu son blouson. J'eus une pensée pour Knox, ce que ce blouson pouvait donner comme charisme à un homme !... Enfin, pas qu'il en eu spécialement besoin. « Euh, excusez-moi... » commençai-je en allant plus avant, tandis que mon regard atteignait seulement le visage de l'inconnu. Sitôt je compris que quelque chose n'allait pas. Il semblait blême, comme s'il avait vu un fantôme, et instantanément je m'inquiétais : « Tout va bien, monsieur ? » Au même moment, mon sac de course passa la zone de sécurité et déclencha l'alarme antivol, me faisant sursauter tandis que les regards se dirigeaient vers nous. Je baissais les yeux vers celui-ci : « Ha merde ! » L'alarme agressive avait alerté la caissière qui se dirigeait vers nous. Je n'avais rien volé, et le tout me déstabilisa, cet homme qui semblait figé dans sa torpeur, la caissière qui arrivait vers moi, les regards qui se dirigeaient dans notre direction. Et surtout, cette alarme insupportable qui m'agressait les tympans.


   
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MessageSujet: Re: Quand les souvenirs prennent le dessus ~ pv Lux Sam 13 Oct - 20:33

« Euh, excusez-moi... » La voix d’une femme ! Je respire trop rapidement, je dois calmer ma respiration, fermez les yeux et calmez ma putain de respiration ! Alors je m’exécute ! Les yeux fermés, je respire comme me l’a dit ma  psy, cinq seconde l’inspiration par le nez et sept seconde l’expiration par la bouche. Puis j’ouvre les yeux ! Une jolie blonde, son visage m’est familier, mais pas un de mes cauchemars, je ne sais pas où je l’ai vu.  Je ne sais pas d’où je l’ai vu. Au moment où je regarde autour de moi pour me remémorer l’endroit, je vois une rue, une boutique, je bloque l’entrée. Mes oreilles sifflent, mais je sais que tous ces bruits aux alentours, ceux qui sifflent, qui explosent, n’ont rien de réel. Alors j’esquisse un petit sourire qui ressemble plus à une grimace mal embouchée. Et là, un cri, un bruit, je ne sais pas quoi, mais c’est strident. Je m'enfonce à nouveau dans ce délire que j’espérais quitter pour de bon. Au moins pour la journée. Autour de moi, plus rien n’est asphalte et jolies jeunes femmes en habits sexys. Non, je ne vois juste qu’une soldat, apeurée, peut-être ! Je ne perds pas une minute. Je sais que maintenant, c’est une question de seconde et de réflexes. J’attrape la soldat par le col et je la col au mur pour faire barrage de mon corps au cas où les coups de feux reprendrait.

Un soldat irakien nous court dessus. Je ne vois pas son arme, mais je me doute qu’il ne doit pas avancer ainsi les mains vides. Je dégaine alors mon arme et je la pointe face à ce bâtard. Je le tiens en joue. Je me tourne vers ma soeur d’arme pour la prévenir de courir une fois que je la lâcherai, mais au lieu de soldat en uniforme, dans ce paysage désertique, au milieu des débris et des corps, elle est habillée d’un short en jeans, un tee shirt de civil et ses cheveux sont lâchés. Ma respiration se fait à nouveau difficile, je sue à grosses gouttes.

- Votre matricule ?

Lui hurlais-je dessus  ! Je voulais être sûr de l’endroit où je me trouvais. Dès que je clignais des yeux c’est une autre image que je voyais devant moi. Soit la femme soldat, tirée à quatre épingles, cette que j’ai accompagnée en même temps que mon meilleur pote pour la dernière mission avant celle ci ! Soit une jeune femme apeurée, qui se demandait sûrement quand j’allais péter mon câble et lui faire un troisième oeil ! Je bougeais un peu le visage, comme pour voir la vérité, Mais j’entends l’autre soldat, l’enfoiré qui veut nous faire la peau hurler à son tour quelque chose que je ne comprends pas. Alors que la vérité me revenait en tête ce cri ne fit que me plonger à nouveau dans un délire dont je n’avais plus conscience. Mon arme toujours pointée vers l’ennemi, qui était en fait l’employée de magasin. Mon bras retenant ma soeur d’arme contre le mur qui était en fait la cliente. Je baissais la tête, essayant de me raccrocher à n’importe quoi qui pourrait me prouver que je ne suis pas dans un délire. Putain, j’entends des bombes, des cris… Des cris, j’ouvre les yeux et je suis dans un magasin, je vois une cliente cachée derrière un portant à vêtements hurler le téléphone à la main. Je me tourne vers la jolie blonde !

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