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Yekaxim › Monster in your mind

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Yekatherina N. Zakhraov
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MessageSujet: Yekaxim › Monster in your mind Lun 12 Nov - 22:40

YEKAXIM
“ The monster in your mind ”


Puis tout fout le camp. Comme un tas de feuilles s’envole à la moindre bourrasque. Tu te dis que ta vie est déjà bien assez merdique pour que ce soit pire. Enfin, tu t’en rends pas vraiment compte. T’avance dans ce cet environnement putride depuis toujours alors rien ne te choque. C’est comme un rat qui passe sa vie dans les égouts, pour lui rien n’est étrange. Je suis comme ce rat, qui navigue entre les déchets. Toute ma vie a été rythmée par des choses ignobles, mais n’allez pas croire que je fermais les yeux en me convaincant que ce n’était pas si horrible. Je n’avais pas conscience de tout. Surtout lorsque je n’étais encore qu’une enfant. Mon père m’a éduquée ainsi. J’ai grandis entourée de mec aux mines patibulaires, aussi armés que l’US Army en déploiement en Syrie. Voir un mec se faire trancher la gorge sous mes yeux alors que je n’avais que huit ans, était tout à fait normal. Mon père ne s’est pas jeté sur moi pour me cacher les yeux. Au contraire, c’est lui qui tenait la lame. Et quand tu te dis que ça ne pas être pire, que tu ne peux pas être plus défoncée que ça de l’intérieur, ton père fait voler en morceaux ton coeur, ta vie, tout comme la cervelle de celui que tu t’es autorisée à aimer. Folie.

Je me réveille en sursaut. Les images dansent devant mes yeux alors que je fixe le plafond blanc de ma chambre. Putain de cauchemars, putain de souvenirs, putain de vie. Je reste allongée dans mon lit, immobile, m’empêchant de cligner des yeux, incapable de revoir ces images insoutenables. Toutes mes extrémités me démangent, comme à chaque fois que je m’éveille d’un cauchemar en hurlant. Mon corps tout entier est crispé comme jamais, ces foutues crises de tétanie me rendent vulnérable. Cette fois Camron n’a pas déboulé dans ma chambre comme un taré. Il a compris à force. Ca ne servait à rien de venir me voir. Je l’ai déjà bien assez envoyé chier. J’inspire un grand coup et me force à me détendre. Ca m’aiderait beaucoup si je pouvais fermer les yeux, si je pouvais faire comme si tout ça n’avait jamais existé, comme si je n’avais pas vu la tête de Miroslav exploser, comme si les bouts de sa cervelle n’avaient pas volés jusqu’à moi. J’inspire à deux nouvelles reprises et je sens déjà l’usage de mes doigts me revenir. Il ne me faut que quelques minutes supplémentaires pour redevenir totalement moi. Mon téléphone s’excite soudainement sur ma table de chevet. Je me contorsionne et attrape l’appareil qui fait un boucan de tous les diables. Je jette un coup d’oeil à l’heure au passage, 6h35 a.m, ça ne peut être qu’Alexander à cette heure-ci.  « Allo ? » je réponds en Russe. Mon géniteur ne prend pas la peine de me saluer, je ne suis qu’un autre de ses soldats après tout :  « Yekatherina, il est temps que tu t’occupes de Lebedinski. » C’est tout, pas un mot de plus, un ordre balancé à la volée, comme toujours, puis il raccroche. Je garde l’appareil à l’oreille quelques secondes, les tonalités vides résonnant dans ma tête. Je n’ai plus le choix. Je dois répondre aux attentes de mon père. C’est tout ce que je sais faire à présent. J’ai tout abandonné en Russie. Tout ce qui me rendait vivante.

La journée passe à une allure folle. Je ne sais pas vraiment à quoi j’occupe mon esprit tandis que je lustre mes armes que je range délicatement dans la malle aux pieds de mon lit. Assise en tailleur sur mon lit, je m’entraine à démonter et remonter mon GP Browning de 9mm le plus rapidement possible. J’ai déjà dû répéter le geste environ une trentaine de fois. Je suis toujours comme en transe. C’est un rituel - ou plutôt un entrainement - qui me calme, qui empêche mes pensées de s’égarer. Pendant ce temps je suis entièrement concentrée sur ce que je fais. Chaque pièce à sa place, au moindre défaut l’arme peut complètement disjoncter entre mes doigts. J’ai déjà vu un mec perdre une main parce qu’il avait mal remonté son flingue. Je relève la tête lorsque Camron passe la tête dans l’entrebâillement de ma porte, posant l’arme devant moi. Les mains sur les genoux, je lui fais signe d’entrer :  « Ca va ? » me demande-t-il. J’hoche la tête en lui offrant un sourire en coin.  « Tu y vas à quelle heure ? »  me demande-t-il, l’air renfrogné. Camron n’est pas forcément pour que j’aille bosser chez Maxim. Il est même carrément contre. Il est bel et bien au courant de l’animosité qu’éprouve Maxim à mon égard. En réalité c’est même pire que de l’animosité. Il me haït de tout son être. Je le répugne. Et tant mieux. Car je suis prête à le mettre plus bas que terre. Prête à faire disparaitre son regard aussi bleu et glacial que les eaux de l’antarctique. Ce putain de regard qui me transperce. Je jette un coup d’oeil à l’heure sur mon téléphone portable posé à côté de moi.  « Je me prépare et j’y vais. » Camron hoche la tête avant de quitter la pallier de ma porte.

Il est vingt-et-une heure trente lorsque je quitte la maison en bord de mer que nous habitons Camron et moi dans ma Dodge Challenger SRT Demon. Une putain de bagnole qui m’a couté un bras mais qui dont le moteur ronronnant me procure une joie sans bornes. Je partage le même amour que mon frère jumeau pour les voitures. C’est d’ailleurs surement lui qui m’a transmis sa passion. Je suis clairement incapable de résister à un monstre aux allures sportives et dangereuses. Mais je suis surtout incapable de rester sagement assise côté passager. Ce qui me plait, c’est la vitesse, l’adrénaline qui fait pulser le sang dans mes veines, qui me fait battre le coeur et tourner la tête. Alors j’ai craqué pour cette voiture. Voiture qui fait sensation où que j’aille, surtout ici à San Diego. Je ne passe jamais inaperçue dans cette caisse, et ce n’est toujours pas le cas alors que je me gare à quelques pas de l’Albion. Les passants s’arrêtent sur le trottoir pour regarder qui va en descendre. Je vois les regards des hommes, alors qu’ils me détaillent, mes longs cheveux blonds tombant en cascade dans mon dos, sur ma poitrine mise en valeur par mon top noir. Je les vois ces regards qui glissent vers mon pantalon en cuir. Lubriques. J’ai appris à les aimer. Je les cherche, comme si j’en avais besoin pour vivre. Je passe rapidement la porte de l’Albion, l’ambiance me happe immédiatement. Je viens souvent trainer ici, au plus grand malheur de Maxim, mais ce soir c’est différent. Dorénavant je serai tous les jours à ses côtés. Je fais quelques pas dans le bar et ignore les regards que l’on me jette, tantôt embrasés, tantôt meurtrier. Je m’approche du bar et m’installe sur un tabouret haut. J’aime faire durer le plaisir. Plus c’est long, plus c’est bon, comme on dit.



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MessageSujet: Re: Yekaxim › Monster in your mind Mar 13 Nov - 16:55

YEKAXIM
“ The monster in your mind ”


A l’heure où naît un nouveau jour, je constate une nouvelle fois mon incapacité à dormir la nuit et vivre le jour. Des lèvres chaudes se renferment sur le lobe de mon oreille tandis que mon crayon court sur le papier d’un cahier rempli de pensées en vrac, d’espoirs perdus, d’illusions brisées. La jeune blonde nue à mon côté vient souffler contre mon oreille que si je n’ai plus sommeil, elle avait de quoi m’occuper. L’aurore pointe, répandant sa lumière chaleureuse dans le loft en bordel où j’entreposais les restes éparpillés de ma vie. Une aurore dont j’adorais constater l’arrivée même si elle était maîtresse de bien des frustrations en moi. Le jour. Cette bête curieuse que j’étais incapable de dompter. Contrairement à la nuit dont j’étais devenu le roi incontesté.  La jeune femme constatant que mon crayon n’arrêtait pas sa course folle entreprit de me distraire d’une autre manière. Sa main habile s’attardant sous les draps pour m’arracher un soupire sous ses doigts. Encore un peu de volonté, et elle parviendrait à obtenir toute mon attention. Je terminais ma phrase qui s’évanouit dans une rature quand la créature suivit bien vite le trajet de sa main sous le drap blanc, je retirais mes lunettes et fermais les yeux, me laissant lentement aller contre l’oreiller derrière moi sous la chaleur agréable de ce contact. Elle savait y faire, c’était certain. Mon cahier s’échappa de ma main, tombant sur le sol tandis que je grognais doucement sous cette bouche audacieuse.

Les femmes sont de bien étranges créatures, elles sont incontestablement les maîtresses de l’ombre de ce monde. Elles pourraient tout obtenir de moi, avec ces courbes tentatrices, leurs parfums dont je m’enivre, leurs peaux douces à se damner. Je l’étais déjà, damné. Mon âme était foutue depuis si longtemps maintenant, je n’avais plus peur de m’y perdre quand je me laissais aller aux plaisirs des corps. Pour moi, c’était associable à l’art, et comme la plupart des formes d’art, j’y étais particulièrement sensible. Ma main se glissait par dessus la couverture, sur le crâne allant et venant de cette jolie blonde qui partageait mon lit, ce matin. Mon corps se contracte, mes dents mordent mes lèvres, et tout semble brume quand impatient, ma main éloigne le drap qui m’empêche de contempler le spectacle. Mais quand ses deux grands yeux se lèvent vers moi et que je reconnais son sourire de succube, je manque de m’étrangler, sortant un juron en russe et m’écarte vivement, manquant de tomber du lit. J’en sors précipitamment et me tourne vers ce dernier, le souffle court, ramenant mes cheveux en arrière. Dès lors je constate mon lit vide de toute présence, pas même de Yeka que j’étais pourtant sûr d’avoir vu, là, fichée, lèvres sur son entrejambe. Je passe ma main sur mon visage, un putain de rêve je pense, en tout cas, j’espère. Mais quand mon regard se pose sur le sol, je constate que mon cahier est bien là, et que ce que j’y ai écrit quelques minutes plus tôt y est bien noir sur blanc inscrit. Je reprends mon souffle difficilement, lève un regard hébété vers les quelques cachets dispersés sur la table de chevet improvisée, formée par un bac en bois.

Yekatherina. Ce putain de poison est toujours en train de rôder dans mes veines, s’insinuant, investissant, parfois je ne sais plus si je la vois réellement ou si c’est encore mon esprit qui me joue des tours. Voilà aussi pourquoi je préfère la nuit aux jours, la nuit on peut toujours accuser le sommeil, accuser les rêves, accuser les faiblesses de l’esprit. Ce qui paraît normal la nuit semble toujours étrange le jour, comme le syndrome d’une folie qui s’approprie peu à peu mon être. A l’instar de cette blonde prétentieuse qui s’évertue à me voler mon oxygène, à la souiller de son poison. Je ne sais pas pourquoi elle est par ici, pourquoi elle vient rôder dans mes pattes comme un chien renifleur à l'affût de la moindre faiblesse, de la moindre trace. Elle est attirée par la merde comme une putain de mouche. Mais elle n’aura plus ce qu’elle cherche auprès de moi. Ca fait longtemps que j’ai raccroché, ça fait longtemps que je ne suis plus cet homme-là. Quoiqu’elle puisse chercher, elle ne trouvera rien. Au début, la première fois que je l’ai recroisée, j’ai cru à de nouvelles divagations de mon esprit, mais j’ai bien dû me rendre compte qu’elle était bien là à San Diego. Depuis elle n’a de cesse d’hanter mon esprit la nuit, mon bar le jour. Mais surtout inversément.

C’est pourquoi lorsque quelque heures plus tard, je la vois passer la porte de l’Albion, je ne suis même plus surpris. Elle est comme mon ombre, désormais, chuchotant à mon oreille des mots qui me rendent dingue. Les manches remontées de ma chemise, j’essuie les verres que je viens de laver. Quand elle entre ici, c’est comme si l’air se raréfiait, comme si la tension montait. Les regards se tournent vers elle, quoiqu’elle fasse, Yeka est incapable de laisser quelqu’un indifférent, incapable de laisser un lieu neutre. Non, rien qu’à son physique, elle suscite des réactions. Et alors elle transforme d’un putain de battement de ses putains de cils la sensation de sérénité lorsqu’on entre dans l’Albion. Je la regarde à peine quand elle s’installe, provocatrice, à mon comptoir. D’habitude elle a au moins la décence de m’observer de loin, là je sens son regard de vipère sur moi, et cela m'exècre. D’autant plus suite à ce foutu rêve de ce matin. Oui, c’était un rêve, cela ne pouvait être autre-chose, tentais-je à nouveau de me convaincre. Toujours est-il que cette illusion avait si bien fonctionné que j’avais du me soulager moi-même du désir qu’elle avait su susciter sans même être réellement là. Dieu que je détestais cette faiblesse en moi, fort heureusement, j’osais espérer qu’elle n’en détectait rien. Je détestais autant ce sentiment que Nika elle-même.

Je reposais le verre sur l’étagère, rabattant la serviette sur mon épaule. Malgré tout, elle restait une cliente, et j’étais bien obligé d’avouer que bien des mecs appréciaient venir ici dans l’espoir de la croiser. Je ne pouvais me permettre de la renvoyer d’où elle venait, en tout cas, pas avant qu’elle n’ait franchi la limite de trop. “Comme d’hab?” lâchai-je d’un ton neutre, maître de mes émotions, saisissant un verre, n’attendant pas sa réponse pour lui servir un généreux verre de vodka, qu’elle commandait toujours pour introduire sa soirée. J’aurais pu lui servir en shooter, mais le verre avait le mérite de prendre moins de temps à boire et ne nécessitait pas que je la serve constamment. Elle devrait faire avec ça.  Je posais celui-ci face à elle, faisant claquer le verre sur le comptoir, bien décidé à ignorer sa présence pour le reste du temps, mon regard ne croisant même pas le sien, le bar était bien rempli, et mon seul serveur en congé, je n’avais pas que ça à faire que de me préoccuper de cette blonde qui n’avait visiblement pour but que de me pomper l’air… à défaut d’autre-chose, vous savez.




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MessageSujet: Re: Yekaxim › Monster in your mind Mar 13 Nov - 22:57

YEKAXIM
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C’est comme entrer dans la cage du lion sans protection. Je suis la pauvre petite brebis égarée parmi les loups affamés. J’ai beau chercher, je n’arrive plus à voir autre chose que les regards affamés qu’ils me lancent. C’est presque s’ils se lèchent les babines, empêchant la salive de couler le long de leur menton. On pourrait me dire que je l’ai bien cherché. Que j’ai ce que je mérite, qu’à force de jouer les salopes, je ne peux pas avoir mieux que ces coups d’oeil lubriques. C’est ce que je suis, je ne pourrais pas agir autrement. Je devrais être habituée aux regards. Je le suis. Après tant d’années passées à supporter le poids de l’attention déplacée que l’on me porte, de savoir à la perfection ce qui se trame dans toutes les têtes des hommes qui posent leurs yeux sur moi, je suis rodée. Pourtant, il y a des regards qui me touchent plus que d’autres, qui me pénètrent et m’atteignent jusqu’au tréfonds de mon âme. Ceux-là ne voient pas simplement mon enveloppe charnelle. Ils voient ce qui s’y cache à l’intérieur, sous des couches entière de faux semblants et de masques parfaitement travaillés. Ces personnes sont rares. Mon père m’a trop bien façonnée. Et les personnes qui m’entourent sont bien trop viles. Pourtant, tout a commencé avec Miroslav. Il a été le premier a me voir telle que je suis. Son ressenti a mon égard était surement biaisé par ses sentiments. Il ne préférait voir que le bon côté de la pomme, plutôt que celui qui est vérolé. La seconde personne qui a tout de suite su voir au-delà de mon physique n’est autre que celui que j’ai pris en chasse. Maxim. Mais contrairement à feu son meilleur ami, lui ne voit que le côté pourri de mon âme.

Pas un seul regard dans ma direction, Maxim continue de faire ce qu’il faisait avant que j’arrive. Ce n’est que lorsqu’il me demande  «Comme d’hab? » que je me rends compte qu’il m’a bien vue arriver. Il n’attend pas ma réponse et se détourne de moi pour attraper la bouteille de vodka. Perchée sur mon tabouret, je tente de me retenir de m’éventer comme s’il faisait quatre mille degrés. Tout mon corps me brûle. La chaleur semble faire suffoquer mon corps, comme si elle empêcher mes pores de respirer. Je me sens constamment moite et prise dans un étau de vapeur. Ou est-ce la présence de Maxim qui me fait éprouver cette sensation, comme s’il me brimait. La puissance de sa haine qui transparait dans son aura m’oppresse. Ce devrait être l’inverse. Je suis la chasseuse, il est ma proie, les rôles ne doivent pas être inversés. Ma simple présence devrait lui donner des sueurs froides, pourtant c’est le long de mon échine que je sens ruisseler la sueur tandis que son regard bleu glacial se pose à peine sur ma personne, m’évitant soigneusement. Dieu que j’aimerais enrouler mes doigts autour de sa gorge, serrer, serrer si fort que je sentirais le dernier souffle de vie franchir ses lèvres… lèvres qui m’obnubilent, qui me tourmentent nuit et jour… Le claquement du verre sur le bar me rappelle à l’ordre, et le nuage de mes pensées se disperse aussi rapidement qu’il est venu m’embrumer l’esprit. Saloperie de Lebedinski. Il me rend faible et me tourmente. Je ne le remercie pas et attrape le verre rempli de l’alcool transparent qui me rappelle mon pays. De mon index je récupère une goutte sur le rebord du verre avant de le porter à mes lèvres et de le sucer lentement. La tête de l’homme qui est assis à ma droite se tourne vers moi. Visiblement il ne rate aucune miette de mes gestes, je vois presque sa pomme d’Adam s’affoler. Je n’y prête pas attention, attrapant finalement le verre pour le porter à mes lèvres avant d’en boire une très longue gorgée. Lorsque je le repose finalement sur le bar, le liquide a diminué d’un tiers et une belle trace de rouge à lèvre carmin maquille le rebord. Je tourne finalement la tête vers la salle dans mon dos. Le bar est plein à craquer. On se croirait samedi soir, mais pourtant nous sommes encore en semaine. Mon regard se balade finalement dans la pièce, j’inspecte et me rends compte que Maxim est seul à gérer ce soir. Un sourire victorieux étire mes lèvres. C’est vraiment mon jour de chance, à croire qu’Alexander a manigancé je ne sais quoi pour me donner le champs libre. Je sais bien sur que ce n’est pas le cas. Monsieur Zakhraov a bien d’autres choses à foutre. Lentement je glisse de mon tabouret pour me diriger lentement derrière le bar tandis que Maxim a le dos tourné. J’ai passé tellement de temps dans ce putain de bar que j’ai l’impression de le connaitre comme ma poche. Après quelques secondes de recherches, j’attrape une sorte de petit tablier noir que je noue autour de mes hanches. Comme à mon habitude je ne prête pas attention aux regards que l’on me jette et dépasser finalement le comptoir pour me diriger vers la salle, balançant outrageusement des hanches avant d’arriver à une table de cinq gaillards, typiquement américains, dont la table est vide depuis que je suis arrivée. De manière tout à fait naturelle je pose la main dans le dos d’un homme, sur le dossier de sa chaise et me penche un peu vers eux, leur offrant une vue parfaite sur mes dessous en dentelle noire.  « Qu’est-ce-qui vous ferait plaisir ce soir, messieurs ? » je leur demande, abusant de mon accent russe. Etant habituée à parler américain, je ne l’ai pas gardé bien longtemps quand je suis arrivée à San Diego. Il m’arrive encore parfois de rouler les « R », mais ce n’est rien de très flagrant. Sauf quand je me laisse aller, comme ce soir. Les hommes ont les yeux qui suintent le désir tandis qu’ils me détaillent. Je les laisse faire car je ne suis pas ici pour faire du grabuge. Au contraire. Je suis ici pour que Maxim se rende compte qu’il a besoin de moi.

Quelques minutes plus tard, la commande en tête, je m’éloigne de la table pour me diriger vers deux autres desquelles je repars avec de nouvelles commandes. J’évolue entre les tables, mon corps ondulant, comme une foutue vipère. Cependant, aucun des clients n’est pas proie ce soir. Le lapin se trouve près du bar et me foudroie du regard. Je glisse jusqu’à lui et passe derrière le bar pour commencer à préparer les commandes.  « Tu semblais dépassé et j’ai décidé de prendre mes fonctions plus tôt que prévu. Je suis ta nouvelle employée, Maxim. » Je susurre cette dernière phrase en lui jetant un regard en coin tandis que j’actionne le robinet et rempli un verre de bière.




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MessageSujet: Re: Yekaxim › Monster in your mind Dim 25 Nov - 21:48

YEKAXIM
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Son regard. Ces putains de deux yeux qui alimentent une haine sourde enveloppée d’un désir absurde. Ce regard de merde que je ne supporte plus de croiser. Quand je vois ses saloperies de lèvres qui se sont alimentées de l’âme de Miroslav jusqu’à ce qu’il en crêve, ça me bouffe de l’intérieur. Alors il n’y a plus de femme qui tienne, je voudrais voir son visage parfait toucher le pavé, mes doigts accrochés dans ses cheveux toujours coiffés à la perfection telle une actrice remaniée à chaque scène, à chaque prise. Je l’imagine oui, bouffer le pavé de ses dents blanches parfaitement alignées. Je voudrais voir son foutu sang, du bleu abîmer ce visage qui n’a pas assez souffert. Et qui vient me narguer une fois de plus dans mon putain de bar. Rien ne transparaît pourtant, je reste stoïque, parce que je la sens. Je la sens d’ici bouillir parce qu’elle n’obtient pas ce qu’elle désire: mon regard haineux ne se pose pas sur elle, aucune attention pour cette peste, pas même le crachat qu’elle mériterait que je lui laisse dans sa vodka. Mais le fait est qu’aussi indifférent je parais, je sais que dès que mon regard rencontre le sien, c’est plus que de la haine qui m’anime. Mes désirs de sauvageries se revêtent d’autre-chose, de la prendre violemment contre ce comptoir, de lui faire ravaler cette fierté qu’elle garde dans ses prunelles, dans son sourire condescendant, dans son air de pétasse que rien n’atteint. Elle, elle m’a atteint. Elle m’a volé mon frère d’âme, mon associé de vie, et je n’arrive pas à croire qu’elle parvienne encore d’être là. Devant moi, posée à mon putain de comptoir.
J’essaye de passer outre, de faire mon foutu boulot. Mais quand je la ressens bouger, je ne peux empêcher un léger regard en sa direction, dos à moi, elle observe le bar, je ne sais pas quelles idées pourries envahissent encore sa tête, mais pour moi il n’y a que du poison qui peut s’y déverser. Mon regard s’attarde, sur la courbe de son épaules, sur la couleur de sa peau, de ses cheveux qui tombent en cascade. J’en devine l’odeur à une distance impressionnante, cette chevelure que j’aie pu observer dans mon lit pas plus tard que ce matin. Le souvenir de ce délire est toujours vivace dans mon esprit, et a tendance à transférer un peu de la haine que j’éprouve pour elle sur moi-même. Je secoue la tête et me détourne, quitte l’arrière du comptoir pour prendre la commande à une table, échangeant deux trois mots avec les habitués avant de revenir sur mes pas. Yeka a disparu, son tabouret est vide, seul subsiste son verre marqué par ses lèvres rouges. Je retourne derrière le comptoir et m’apprête à servir les verres que j’ai pris en commande quand l’homme qui est assis à côté du tabouret de Yeka marque de sa voix éraillée: “Une nouvelle collègue?” Je tourne la tête vers lui, arque un sourcils. Il me désigne la salle, où la Ruskov est en train de faire son effet, prenant commande auprès d’une autre nouvelle tablée.

J’arrache vivement l’essuie de sur mon épaule et appuie mes deux mains sur le comptoir, penché en avant, mes yeux scrutent l’allure féline de la garce qui prend ses aises sans que je ne l’y ai invitée. Mes yeux la foudroient, elle a réussi son coup, je la regarde, je la méprise du regard, de nouveau cette violente colère qui s’empare de moi, fait bourdonner ma tête. J’ai envie de tout détruire, de la détruire elle, lentement, sûrement, arracher cet air de confiance à son visage de démone. Je serre les doigts sur le bord du comptoir avant de me retourner, excédé, saisissant une bouteille, malgré tous mes gestes sont précis, étudiés, par une déviance dans ma façon de servir. Elle ne parviendra pas à atteindre ça, elle ne parviendra pas à me décrédibiliser comme ça. Elle ne m’atteindra pas dans ma fierté, je me le promets. Je place chaque verre dans mon plateau quand elle revient finalement.   « Tu semblais dépassé et j’ai décidé de prendre mes fonctions plus tôt que prévu. Je suis ta nouvelle employée, Maxim. »  Dit-elle, soufflant tel un serpent venimeux. Elle actionne sans complexe la pompe à bière tandis que mes yeux glacés l’affrontent, difficile de simuler l’indifférence face à tant de condescendance. Dès qu’elle rabaisse son bras, j’attrape vivement son poignet que je serre dans ma poigne ferme. Son poignet si fin, si fragile, serait si facile à briser en cet instant, mais elle le sait, dans son regard qui me tourmente, je le vois. Elle me tient au piège, parce que le bar est blindé et que je ne peux pas la violenter décemment ainsi devant tout le monde.

Je souffle entre mes dents:  “Tu crois quoi? Que tu peux débarquer dans mon bar, comme ça, et faire ce qui t’enchante?” Incisif, mon regard la transperce, je pince les lèvres, et serre un peu plus ma main sur sa peau qui me semble brûlante. J’ai l’impression qu’à ce contact, des décharges se propagent dans mon bras entier. Je penche la tête vers elle et continue sur un ton encore plus rauque et vif:  “Tu n’es ici que parce que je le tolère. Mais tu ferais mieux de rester bien sage sur ton tabouret, si tu veux que ça continue,, Zakhraov.” Je lui arrache le verre de bière des mains et le pose sur mon plateau, lâchant de ce fait son bras donc le contact me devenait insupportablement incandescent. Je saisis le plateau et contourne le comptoir, niant à nouveau la blonde, espérant qu’elle aie compris le message même si j’en doutais fortement. Malgré tout, le service devait se poursuivre, je n’avais pas de temps à perdre avec ses douces conneries. Arrivé à la hauteur de la table dont j’avais pris la commande, je déposais les verres à chacun. L’un d’eux lâcha un rire gras en me lâchant: “Le prend pas mal, Lebdinski, mais moi je voudrais bien être servi par la jolie blonde, moi aussi.” S’en suivirent des réactions équivalentes de ses comparses, ainsi que quelques blagues grasses qui n’eurent que le don de me faire tiquer. Je rétorquais, tentant de garder mon ton sec pour moi:  “Désolé les gars, celle-là est hors budget, autant pour moi que pour vous.” Je n’arrivais pas à comprendre ce qu’elle pensait obtenir en agissant de la sorte, ce qu’elle espérait au juste en prenant ce post. Qu’est-ce qu’elle foutait là? Depuis le temps que je m’étais barré, que j’avais quitté cette vie, elle la ramenait à moi de force, me ramenait à des souvenirs déplaisant, malgré ma recherche d’évolution, et peut-être d’absolution.



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